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#80

Pauline Bastard, Caroline Delieutraz,

Mazaccio & Drowilal, Marianne Muller
MEMORY

 

exposition collective

28/04 - 18/05/2024
vernissage  : 28/04, 14h - 18h

 

Les artistes rassemblés ici se prêtent à un jeu de paires avec des éléments glanés dans la rue, dans des archives personnelles, publiques ou sur Internet. Le jeu émerge alors d’une attitude d’attention à notre environnement quotidien – une attention distraite qui nous entraine vers des parallèles imprévus.

 

Les paires de chaussures reconstituées par Pauline Bastard rétablissent une unité précaire entre des objets devenus orphelins. Une approche semblable se remarque dans son torchon imprimé d’un tissu byzantin aux motifs similaires, récupéré dans les collections de la BnF. Avec Deux Visions, Caroline Delieutraz se joue des rapprochements entre les vues de Google StreetView et des photographies du livre La France de Raymond Depardon. Cette série matérialise alors une promenade virtuelle sur les pas du photographe. Le duo Mazaccio & Drowilal, quant à lui, dresse des comparaisons incongrues entre leurs portraits et les apparences de divers personnages réels ou fictifs. Leur approche développe ainsi une réflexion sur le caractère instable de nos identités. Enfin, les impressions lenticulaires de Marianne Muller donnent à voir des proximités formelles inattendues entre des sources photographiques éloignées. Ce faisant, l’artiste joue avec la position du public dans l’espace qui, par sa déambulation, révèle les évolutions formelles de ces œuvres.

Les pratiques présentées ici créent d’amusantes relations entre le monde de l’art et la culture populaire. Elles engagent le public à reconnaitre le potentiel ludique d’une double vision opposée à une lecture monolithique des images que l’on consomme. Hors du simple jeu, ce Memory constitue dès lors un exercice d’attention qui nous reconnecte au réel dans ses multiples variations.

Posts Instagram, instants capturés, images glanées sur Internet, situations imprimées dans nos mémoires individuelles et collectives… Photographier, représenter, récupérer des objets sont autant de façons de conserver le monde en esprit. Mais, si proche de l’oubli, le réel ainsi conservé est-il présent dans une quelconque mémoire ?

À la manière d’un jeu de paires contemporain, les œuvres de cette exposition reposent sur une mobilisation des annales de nos placards et de nos appareils électroniques, des archives que nous emportons dans nos téléphones portables, de la mémoire fixée des images qui habitent la toile tissée de nos réseaux. Habituellement dormantes, ces archives sont ainsi bousculées, extraites de leur virtualité par un geste d’éveil qui leur confère un intérêt nouveau.

Ainsi pourrions-nous détourner le souhait répandu de capturer le réel, de le fixer en souvenirs bientôt oubliés. Le jeu pourrait dès lors constituer une archéologie libre et poétique du monde, délivrant l’image de son référencement initial pour la faire de nouveau surgir en mémoire.

 

Aymeri Duler

DOSSIER DE PRESSE

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