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THOMAS TRONEL-GAUTHIER

ŒUVRES | BIOGRAPHIE | NEWS | PRESSE | TEXTES | PORTFOLIO | EXPOSITIONS à 22,48 m² : #32 #43

Water & Words (Surrounded by Water), 2016, 195 x 145 cm

Thomas Tronel-Gauthier a exposé au 55e Salon de Montrouge en 2010. Depuis, il a participé à plusieurs expositions collectives et personnelles, en France et à l’étranger. 
Enfant, on lui a sans doute offert l’attirail du parfait petit alchimiste. Depuis, Thomas Tronel-Gauthier ne s’est jamais lassé d’expérimenter la matière, toutes les matières. Et l’on peut imaginer son atelier parisien comme un creuset où se fondent mousse de polyester et sable volcanique, bonbons acidulés, baume du tigre et résines de tout acabit. Mais pas question pour le jeune artiste, né en 1982, de changer le plomb en or : il a d’autres quêtes, plus humbles mais aussi essentielles. 
Lui, c’est la nature qu’il fait artifice, l’instant qu’il fait éternel. Ses bidouillages de matière, il y a pris goût en arpentant tous les ateliers de l’école des Arts déco de Strasbourg où il a été formé : bois, céramique, métal, il a appris à les maîtriser tous dès ses débuts. Mais ce sont d’autres expériences qui l’ont fait remarquer par le Salon de Montrouge, où il a exposé en 2010 : des sculptures réalisées à partir d’éléments normalement destinés à la cuisine, qu’il détourne d’un geste poétique. Il pratique ainsi une saignée dans un arbre à partir de pâte rouge destinée à fabriquer des sucreries, et affuble un vrai framboisier de faux fruits qui ne sont en fait que des bonbons. Il lui arrive aussi d’utiliser la gélatine. En collant des carrés transparents sur une vitre, il brouille la vue sur le paysage, et compose un vitrail joliment myope, « une peau qui se met à vivre, et devient même sonore en se rétractant ».
Mais le jeune homme est loin de se restreindre au domaine culinaire. Il élargit vite son horizon, il fossilise des éponges et capte en peinture le brouillard de la baie d’Halong. « Finalement, ce qui m’intéresse, ce sont les cycles de la vie, former, déformer, refaire à partir de ce qui est détruit », explique l’artiste. De la Villa Cameline de Nice au centre d’art de Clamart, il s’attaque au summum de l’éphémère : le dessin provoqué par la mer sur le sable d’un rivage, ou la vague elle-même. Grâce à une technique sophistiquée de moulage, il parvient à dupliquer ces bribes de paysages. Elles deviennent sous ses doigts fragment d’ondes noires, ou vague saisie dans son mouvement au cœur d’une baignoire ancienne.
Rien d’étonnant à ce que son art s’épanouisse pleinement depuis sa résidence de trois mois dans les îles Marquises, l’an passé. Du paradis de Gauguin, il découvre la triste réalité : une société conquise à tous les américanismes, dépouillée de ses racines identitaires. A priori. Mais il fouille, s’attarde, observe les enfants avec qui il organise un atelier, s’initie à la technique ancestrale du tapa, s’intéresse aux formes phalliques des pilons de cuisine taillées dans la lave locale, écoute le désir de renouer avec la culture originelle. Et il opère un virage dans son œuvre. Par la vidéo, médium encore ignoré, il capte la beauté gracile des flots ou des « sirènes », comme on appelle là-bas les poissons endémiques, amphibies du partage des eaux qui s’accrochent à leurs rochers. Ses photographies arrêtent l’impact soudain d’une vague sur le sable noir. Mais surtout, il s’interroge sur l’ultime tabou de ces îles prudes, depuis leur évangélisation : l’impact des essais nucléaires de Mururoa. Il rencontre les si nombreux malades du cancer, écoute leur silence. Alors, celui qui sculptait à ses débuts des algues fragiles dans un polystyrène d’emballage japonais, se met à graver dans la nacre des huîtres perlières ces champignons atomiques dont le souvenir est tellement tu là-bas. Comme Gauguin en son temps, il questionne l’étrangeté de notre présence sur ces terres, et en profite pour changer profondément.
Nul hasard si ses œuvres disent la transition, le passage de la densité à la dissolution : c’est de cette matière mouvante que sont faits nos paradis contemporains.
Emmanuelle Lequeux


Vue de l'exposition "Surrounded By Water", 2017, L'Abbaye, Annecy-le-Vieux


Water & Words [The World is an Island #2] (2016), Encre de chine sur papier aquarelle, cadre rehaussé en chêne peint, verre museum anti-reflets et anti-uv, 63 x 81,5 cm
Vue de l'exposition "Surrounded By Water", 2017, L'Abbaye, Annecy-le-Vieux

Cavity (2017), Résine, acrylique, perle noire de Polynésie, 15 x 10,5 x 11 cm

Le dernier terrain vague – corps échoués #5 (2016), Tirage pigmentaire sur Dibond, 70 x 105 cm

Peinture Blanche F3#3 (2016), Acrylique et vinylique sur châssis entoilé lin et caisse américaine, 26 x 31 cm

Peinture Blanche F8 #1, 2016, acrylique et vinylique sur châssis lin et caiss
 américaine peint, 
50,5 x 43 cm


Vue du stand, FIAC-OFFICIELLE 2015, solo show

The Last Piece of Wasteland #7, 2015, Résine teintée, coquillages, châssis aluminium, 153 x 145 cm

The Last Piece of Wasteland #6, 2015, Résine teintée, coquillages, châssis aluminium, 133 x 113 cm


Les sables retrouvés #3, 2015, Photogravure sur granite noir d’Afrique, 80 x 52 cm

Le commencement, 2015, Clônes de pierres volcaniques en résine teintée, Dimensions variables
Attraction (sur extincteur), 2015, Extincteur, clônes de pierres volcaniques aimantés en résine
teintée, 39,5 x 12,5 cm
Attraction (sur Butagaz), 2015
Bouteille de gaz, clônes de pierres volcaniques aimantés en
résine teintée, 58 x 35 x 35 cm
Vue de l'exposition CE QUE J'AI VU N'EXISTE PLUS, galerie 22,48 m², 2015

L’île engloutie, 2015, Coffre en bois, silicone teinté, résine teintée, 83 x 38,5 x 41,5 cm (Détail)

L’île engloutie, 2015, Coffre en bois, silicone teinté, résine teintée, 83 x 38,5 x 41,5 cm (Détail)


Vue de l'exposition CE QUE J'AI VU N'EXISTE PLUS, galerie 22,48 m², 2015



Peinture Noire, 2014, Acrylique sur châssis lin et caisse américaine, 100 x 80 cm
Peinture Noire, 2014 (détail)
Hanamate - Dessins de sable #1, 2012/2013, Tirage photographique sur papier Hahnemühle, 60 x 80 cm
Récif d'éponges (capita vitum), 2010, Porcelaine blanche
Le Cratère, 2011, Impression numérique sur bâche, oeillets, clous en acier, 120 x 80 cm
Tahiti-Moorea, 2012, Vidéo projection HD, 2 min en boucle, sans son
Les Oracles, 2012/2013, Gravures sur nacre de l'archipel des Tuamotu (Pacifique), dimensions variables
The Last Piece of Wasteland #2, 2014, Résine teintée, 116 x 72 cm
Tondo Outre-mer, 2015, Acrylique sur châssis en lin et caisse américaine, Ø 80 cm
Bons Baisers d'Halong Bay, 2009, Acrylique sur papier offset, contrecollé sur aluminium, 12 pièces, 10,5 x 14,5 x 11 cm 
Carte postale des Tropiques, 2012, Vidéo projection HD sur téléviseur peint, 1 min en boucle
Corail de Terre, 2014, Plâtre, polyester, dimensions variables
Hanamate - Dessins de sable #2,  2012/2013, Photographie numérique, cadre en chêne brut, 60 x 80 cm
Hanamate - Dessins de sable #3,  2012/2013,
Photographie numérique, cadre en chêne brut, 60 x 80 cm
Hanamate - Dessins de sable #4,  2012/2013,
Photographie numérique, cadre en chêne brut, 60 x 80 cm
Ke'a Tuki, 2012, Pillons en lave des iles Marquises,
 plâtre, polyester teinté, pigment noir minéral, 120 x 15 x 36,5 cm
L'Absente, 2013, Résine, sable, 160 x 70 x 65 cm
Le Havre, 2011, Photographie numérique, 114 x 74 cm
Le Maschere, 2010, Baume du tigre d'Inde, chaînes métalliques, patères anciennes, dimensions variables
Les Nappages, 2007, Série de pièces en cristal, flan en résine souple rouge, dimensions variables 
Les os à moelle Roudoudoux, 2007, Os polis, bonbon gélatineux aromatisé à la fraise, verre blanc, 28 x 28 cm
Peintures au vert de chrome (Les Végétales), 2014, Acrylique sur châssis entoilé en lin, dimensions variables
Moule en madeleines (Made in France), 2006, Véritable madeleines industrielles compressées, 38 x 25 cm 
Nativité, 2011, Taloche de maçonnerie en bois et plastique, feuille d'or, acrylique, 15 x 27 x 13 cm
Peintures Outre-mer, 2013, Acrylique sur châssis entoilé en lin, dimensions variables
Sans Titre (Made in Italy), 2005, Marbre blanc, 32 x 32 cm
Sirène, 2012, Vidéo projection HD, 1,55 min
Stèle Blanche, 2012, Plâtre, polyester, 80 x 120 cm
Territoire #2, 2014, Résine, 101 x 63 cm
The Last Piece of Wasteland #3, 2014, Résine teintée, 116 x 72 cm
The Last Piece of Wasteland #4, 2014, Résine teintée, 121 x 98 cm
Trilogie des Moullusques, 2011, Porcelaine, bois peint, 19 x 19 x 16 cm
Valise aux morphogénèses, 2011, Valise en bois, silicone gris, plâtre, polyester blanc, 65 x 40 x 52 cm