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LUCIE LE BOUDER

ŒUVRES | BIOGRAPHIE | NEWS | PRESSE | TEXTES | PORTFOLIO | EXPOSITIONS à 22,48 m² : #9 - #22 - #27 - #29 - #41


 Plan #3, 2013, Dessin au cutter sur papier couché, 50 x 65 cm

Interview pour Paris-Art.com
par Elisa Fedeli
21 juillet 2011

Cette toute jeune artiste (25 ans) présente sa première exposition personnelle à la galerie 22,48m2. Entre art et architecture, son travail privilégie l’in situ pour donner à voir différemment le lieu où il s’inscrit.

Elisa Fedeli. La plaque de plâtre te sert à créer aussi bien des installations que des sculptures autonomes et des peintures. Comment en es-tu arrivée à privilégier ce matériau et pourquoi t’intéresse-t-il?

Lucie Le Bouder. J’ai d’abord pratiqué la peinture sur châssis, de manière classique, dans des schémas abstraits avec des formes qui se superposent. Ensuite, j’ai décidé de transformer ces formes en sculptures et de travailler directement le matériau. La peinture sur châssis me frustrait. La plaque de plâtre est un élément pauvre, que l’on a l’habitude de dissimuler dans l’architecture. Le fait de l’exposer, de le mettre en valeur, lui donne un autre sens. J’essaie de rendre ce matériau fragile alors qu’il ne l’est pas et qu’il est fait pour durer dans le temps. Chaque installation étant éphémère, le matériau sera détruit à la fin de l’exposition. Depuis deux ans, j’expérimente les plaques de plâtre pour leurs qualités de surface. Je les casse et je les mets en volume. Ma première installation en plaques de plâtre réalisée à Tokyo était conçue à partir de plaques laissées brutes, non peintes. Ensuite, j’ai essayé de les mettre en volume différemment en jouant sur leurs deux faces et sur la couleur. La couleur me sert à souligner certaines limites et à faire apparaître du relief.

Tes installations sont souvent conçues et réalisées in situ. Parle-nous de celle que tu as conçue pour la galerie 22,48m2 et de sa relation particulière à l’espace.

Lucie Le Bouder. D’habitude, la plaque de plâtre est utilisée pour les murs; je construis ici un sol. J’ai voulu jouer sur le nom de la galerie (22,48 m2) en travaillant à partir d’une surface de plaques de plâtre ayant exactement cette superficie. Puis, je les ai peintes en gris, de la même couleur que le sol, pour qu’elles s’y dissimulent. En les cassant et les mettant en volume grâce à des rails métalliques, je donne l’impression que la surface au sol s’éclate sous les pas du visiteur. Je cherche à figer une architecture accidentée, brisée. C’est paradoxalement un chaos organisé ou, pour ainsi dire, une construction déconstruite. Telle une matière vivante, le matériau semble se débattre dans le lieu, comme s’il allait s’enfuir. On peut se dire aussi que c’est le plafond qui est tombé. Chacun peut choisir ce qu’il veut croire ou voir. J’essaie de jouer avec des choses standards, comme les normes architecturales, de les transformer pour que le spectateur soit perturbé. Dans une installation plus ancienne constituée d’un bloc en polystyrène, j’ai réduit la norme de passage par deux (de 90 à 45 cm). Du coup, pour entrer dans le bloc, le visiteur était obligé de se frotter contre ce matériau très désagréable et de prendre conscience de sa gêne physique. J’aime jouer avec l’espace, en montrer les imperfections et les contraintes.

Tu pratiques également le dessin. Tes compositions mettent en valeur une ou plusieurs formes géométriques de couleur vive. Quelle relations entretiennent tes dessins et tes installations?

Lucie Le Bouder. Je dessine des formes au hasard, de manière instinctive. Certaines formes de mes installations m’inspirent pour les dessins, qui sont un travail autour du fragment et du trait. Ce qui m’intéresse, c’est l’expérimentation du papier en tant que matériau. Je fais de nombreux essais, avec des papiers très différents, afin de voir toutes les façons dont il peut se dégrader, se déchirer, se laisser traverser par la couleur. Je m’impose toujours une certaine sagesse car, finalement, cela pourrait être beaucoup plus «trash» et agressif.

Quels sont les différents papiers avec lesquels tu travailles et les effets que tu recherches?

Lucie Le Bouder. Je travaille beaucoup sur papier millimétré pour mes croquis de recherche. J’ai récemment souhaité utiliser ce type de papier pour des dessins plus travaillés et finis. La surface des fragments dessinés n’est faite que de traits et j’essaie de voir comment se forment de manière aléatoire les pleins et les vides. Une autre série est dessinée sur un papier «couché sur chrome», précieux, lisse et brillant. Comme dans les sculptures, je ne sais jamais comment il va se dégrader et se casser, les différents traits enlevant la couche différemment. Le dessin n’est jamais parfait car il est fait à la main: les traits n’ont pas le même écart; ils se chevauchent ou déchirent le papier. Je joue beaucoup avec l’aléatoire du matériau. Enfin, une dernière série est faite sur du papier «Layout» avec des feutres TRIA, ceux qu’on utilise généralement en architecture et en design pour dessiner des perspectives. Je veux exposer non seulement les rectos, mais aussi les versos, pour montrer les erreurs, les bavures, les superpositions, les fragments qui s’ajoutent les uns aux autres.

Tu as suivi, avant les Beaux-Arts, une formation en design d’espace. Qu’est-ce que ce terme recouvre et en quoi a-t-il pu inspirer ta pratique actuelle?

Lucie Le Bouder. Le design d’espace englobe la scénographie, l’urbanisme et l’architecture. Quand je suis arrivée aux Beaux-Arts, après un BTS en design d’espace, j’ai pu garder ce côté architecture qui m’intéresse, tout en reprenant le matériel classique de l’architecte — les feutres TRIA, les cutters, les maquettes — pour essayer de dire autre chose. Un cutter par exemple sert à couper, et non pas à dessiner comme je le fais.

POINT BARRE, 2016
Vues de l'exposition, Galerie 22,48m², Paris


Arase #5, 2016, Acier, vernis, 82 x 67 x 53 cm





Surface en blanc et jaune #2, Acier inoxydable, peinture aérosol, 195 x 110 cm
Arase, 2016, Installation in situ au sol, acier, plaques de plâtre, peinture dimension variables

INNER SPACE,
Installation in situ, Mains d'Oeuvres, Saint-Ouen, France


Inner Space, Installation in situ, Saint-Ouen, France

Inner Space, Installation in situ, Saint-Ouen, France


DRAWING NOW, 2015
Vue de l'exposition, Carreau du Temple, Paris, France

Vue de l'exposition "DRAWING NOW", 2015, Carreau du Temple, Paris, France


Vue de l'exposition "DRAWING NOW", 2015, Carreau du Temple, Paris, France



CONSTRUCT (TVD), 2015
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 42 x 47 cm

Construct (TVD), 2015, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 42 x 47 cm

CONSTRUCT (AXO), 2015
Dessins au cutter sur papier couché sur chrome, 44,4 x 63,4 cm

Construct (AXO), 2015, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 44,4 x 63,4 cm

STILL WATER, 2014
Vue de l'exposition, Galerie 22,48 m², Paris, France

Vue de l'exposition "Still Water", 2014, Galerie 22,48 m², Paris, France

INFILTRATION, 2014
Plaque de plâtre, rail métallique, eau, 300 x 277 cm

Infiltration, 2014, Plaque de plâtre, rail métallique, eau, 300 x 277 cm
Infiltration, 2014 (détail)

BACK LINE, 2014
Vue de l'exposition, Galerie 22,48 m², Paris, France

Vue de l'exposition "BACK LINE", 2014, Galerie 22,48 m², Paris, France

PLI #2, 2014
Papier, plaque de plâtre, 64 x 44 x 15 cm

Pli #2, 2014, Papier, plaque de plâtre, 64 x 44 x 15 cm

PLI #3, 2014
Papier, plaque de plâtre, 67 x 86 x 9 cm

Pli #3, 2014, Papier, plaque de plâtre, 67 x 86 x 9 cm

Pli #3, 2014 (détail)


PLI #4, 2014
Papier, plaque de plâtre, 126 x 47 x 7 cm

Pli #4, 2014, Papier, plaque de plâtre, 126 x 47 x 7 cm






































PLAN #1, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 40 x 52 cm

Plan #1, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 40 x 52 cm

Plan #1, 2013 (détail)


PLAN #2, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 50 x 65 cm

Plan #2, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 50 x 65 cm

Plan #2, 2013 (détail)

PLAN #4, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 51 x 63,5 cm

Plan #4, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 51 x 63,5 cm

PEARL CUTTING #1, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 21 x 29,7 cm

Pearl Cutting #1, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 21 x 29,7 cm
Pearl Cutting #1, 2013 (détail)

PEARL CUTTING #2, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 21 x 29,7 cm

Pearl Cutting #2, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 21 x 29,7 cm

PEARL CUTTING #3, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 21 x 29,7 cm

Pearl Cutting #3, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 21 x 29,7 cm
Pearl Cutting #3, 2013 (détail)

GOLD CUTTING #1, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 25,9 x 33,4 cm

Gold Cutting #1, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 25,9 x 33,4 cm

GREY CUTTING #1, 2013
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 45,1 x 64 cm

Grey Cutting #1, 2013, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 45,1 x 64 cm

SEGMENT, 2013
Rail métallique, peinture aérosol, 128 x 320 cm

Segment, 2013, Rail métallique, peinture aérosol, 128 x 320 cm
Segment, 2013 (détail)

COPPER CUTTING #1, 2012
Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 45,1 x 64 cm

Copper Cutting #1, 2012, Dessin au cutter sur papier couché sur chrome, 45,1 x 64 cm
Copper Cutting #1, 2012 (détail)

MÉDIUM, 2012
Feutre sur bois, 60 x 90 cm

Médium, 2012, Feutre sur bois, 60 x 90 cm
Médium, 2012 (détail)

SYSTÈME P3, 2012
Plaque de plâtre, rail métallique, peinture aérosol, 320 x 250 x 5 cm

Système P3, 2012, Plaque de plâtre, rail métallique, peinture aérosol, 320 x 250 x 5 cm
Système P3, 2012 (détail)

ABSCISSES, 2012
Plaque de plâtre, rail métallique, 235 x 156 x 52 cm

Abscisses, 2012, Plaque de plâtre, rail métallique, 235 x 156 x 52 cm






Abcisses (2012), Vue de l'exposition "Abcisses", 2012, Galerie Nicolas Sillin, Paris, France

































 
PRUDENCE, 2011
Installation in situ, plaque de plâtre, rail métallique, acrylique, dimensions variables

Prudence, 2011, Installation in situ, plaque de plâtre, rail métallique, peinture acrylique, dimensions variables
Prudence, 2011 (détail)

DRESSING, 2008
Médium, peinture acrylique, 120 x 150 x 90 cm

Dressing, 2008, Bois (médium), peinture acrylique, 120 x 150 x 90 cm






































 
MILLIMÉTRÉ, 2011
Dessin sur papier millimétré, 21 x 29,7 cm

Millimétré, 2011, Dessin sur papier millimétré, 21 x 29,7 cm





































 
FEUTRE, 2009/2012
Feutre sur papier Layout, 29,7 x 42 cm

Feutre, 2009/2012, Feutre sur papier Layout, 29,7 x 42 cm
Feutre, 2009/2012 (détail)
Feutre, 2009/2012 (détail)
Feutre, 2009/2012 (détail)
Feutre, 2009/2012 (détail)