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#29

27/06/2014 - 31/07/2014
vernissage vendredi 27/06/2014, 18h 

avec Cécile Beau, Émilie Brout & Maxime Marion, Jean-Baptiste Caron,
Caroline Delieutraz, Sang-Sobi Homme, Claudia Larcher, Lucie Le Bouder, Leopoldo Mazzoleni, Laurent Pernot, Géraud Soulhiol, Claire Trotignon

curateur : Rosario Caltabiano



"Well, art is art, isn't it? Still, on the other hand, water is water!"
[Groucho Marx]











LES OEUVRES

Claire Trotignon, Pool #6, Pool #4, Pool #3, 2014, série Technicolor, Sérigraphie aquarellée, 30 x 42 cm, Courtesy galerie De Roussan, Paris


Claire Trotignon s'intéresse à l'architecture, aux notions d'intérieur/extérieur, aux espaces privé/public, à la cohabitation entre nature et culture, à l’architecture moderniste dont l’essence et les formes reposent sur une philosophie utopique.
Technicolor est une série constituée de collages retouchés au crayon, serigraphiés puis rehaussée à l'aquerelle. La série représente des images de piscines, seules, extraites de leur contexte. Comme des fragments creusés dans le papier. L'image déconstruite perd sa notion d'échelle et se lit comme un bas relief où le creux retient la couleur.





Cécile Beau, Vallen, 2009, Bois, encre de chine, dispositif sonore, 120 x 100 cm


Le travail de Cécile Beau se compose souvent d'installations où le son, l'image et l'objet entretiennent des rapports multiples, parfois contradictoires. Le nom "Vallen" signifie "tomber" en néerlandais. Une goutte d’eau semble tomber du plafond dans une flaque d’eau sombre. On entend de manière aléatoire le bruit de la goutte suivie par la formation de cercles concentriques sur la flaque. Pourtant à bien y regarder, Vallen est une illusion : la goutte d’eau n’est nulle part,  il n’y a que l’invitation au spectateur à l’imaginer ou à perdre tous repères. Une œuvre hypnotique qui se laisse méditer dans un cycle évanescent où le temps est comme suspendu.





Emilie Brout & Maxime Marion, Le Tour du monde en instantané, 2013, (Tropique du Capricorne),Digigraphies, papier Hahnemühle et Dibond, 120 x 68 cm


Le Tour du monde en instantané regroupe différentes séries de photographies opérant une objectivation du paysage sur un axe donné du globe terrestre (méridien ou parallèle).
Chaque image est le fruit de la fusion de centaines de captures prises tout autour de la terre selon un protocole précis. Sorte d’image moyenne de tous les paysages possibles pour chaque axe, elles donnent à voir une persistance rétinienne d’un monde dont on aurait pu faire le tour le temps d’un clin d’œil.
Si cette démarche s’avère impossible à réaliser concrètement, elle est rendue possible par un déplacement de la prise de vue au sein de Google Earth, logiciel de cartographie ultra-réaliste constitué de photographies satellitaires.





Caroline Delieutraz, The fish (screensaver), 2014, vidéo en boucle.


Le travail de Caroline Delieutraz porte sur la circulation des images et l'impact de cette fluidité sur notre rapport au monde.
L​a vidéo The fish​ est un économiseur d'écran qui montre un paysage archétypal,​ affecté par des événements étranges. Il s'agit d'une image de calendrier trouvée dans la rue et rephotographiée. Les effets spéciaux grossiers appliqués à cette image ont é​té puisés en ligne dans des "stocks" de vidéos gratuites.
La matérialité de l'image désamorce son aspect artificiel sans lui faire perdre pour autant son potentiel d’évasion.​





Jean-Baptiste Caron, And if Nothing Had Ever Been, 2014, Miroir, traitement anti-buée, Ø 40 cm


L’œuvre And if Nothing Had Ever Been… se présente sous la forme d’un simple miroir ;  en l’effleurant de son souffle le spectateur fait apparaître une phrase avant de la voir disparaître aussitôt. Le temps d’un instant s’offre à nous la possibilité d’entrevoir une autre dimension, de basculer vers un ailleurs, qu’il soit imaginaire ou bien introspectif.
Cette technique convoque quelque chose de l’ordre de l’immatériel, manifesté par la buée exhalée par le souffle de chaque visiteur. C’est ce lien au souffle qui intéresse l’artiste dans ce rapport qu’il entretient avec la vie, tout autant que l’eau vis-à-vis du vivant.





Sang-Sobi Homme, Soif, 2009, Bois, 4 x 2,5 x 50 cm


"Un jour, j'étais dans le train pour aller vers une région du centre de la France. J'ai regardé le paysage par la fenêtre : une machine inconnue que je ne connaissais pas faisait jaillir de l'eau sur un grand terrain. L'eau sortait par interruptions et s'envolait loin, avec force, suivant la forme d'un arc en plein cintre. C'était comme si la terre avait soif et qu'elle buvait l'eau en ouvrant grand sa bouche. Mais étrangement, cette scène était aussi très sensuelle pour moi. À ce moment là, j'ai eu l'illusion que l'eau envolée avait gelé dans l'air... Et j'ai sculpté l'image de cet instant. "





Géraud Soulhiol, Les Châteaux Toboggans (série -Terre!), 2014, Porte-mine et aquarelle sur papier Canson, passe-partout circulaire diamètre 26 cm, 50 x 50 cm


Les œuvres de Géraud Soulhiol relèvent de la cartographie, du paysage et de l’architecture en se déployant comme autant d’indices nous permettant d’entrer dans ce territoire hétérotopique.
La série – Terre !  évoque des territoires lointains, des îles flottantes dans notre esprit, la mer est invisible autour mais on la devine. En scrutant l’horizon à l’aide d’une longue-vue d’un lointain bateau, une architecture onirique émerge, un monde parallèle au nôtre qui reprend de toute évidence l’imagerie enfantine de l’artiste, les allégories fantastiques et les miniatures médiévales. Avec raffinement Géraud Soulhiol questionne la trace laissée par l’homme sur son “décor de vie".





Claudia Larcher, Série Ishinomaki, 2013, Landscape No 01-06, Photomontages, dimensions variables


A la suite d’une résidence de recherche au Japon en automne 2013, Claudia Larcher a visité Fukushima et les régions de Tohoku. Les villes de Futaba, Rikuzentakata et Ishinomaki sont celles qui furent le plus durement touchées par le tremblement de terre et le tsunami qui le suivit en mars 2011. Depuis cela, deux années se sont écoulées et le nettoyage est presque terminé. Cependant, dans les régions les plus affectées, il n’y a toujours pas de constructions récentes. Soit parce que leurs propriétaires sont morts ou portés disparus, soit parce que les personnes endeuillées craignent un nouveau désastre dans un futur proche et ont déménagé vers l’intérieur des terres. Ce qu’il reste sur la côte n’est qu’une immensité étrange et utopique où la végétation reste inchangée. Les contours des bâtiments emportés par le tsunami sont toujours visibles. Seules quelques habitations sont toujours là, pour nous souvenir du passé.





Lucie Le Bouder, Infiltration, 2014, Plaques de plâtre, rail métallique, eau, 300 x 277 cm


"Infiltration" est une réponse à l'exposition Still Water. Cette installation faite en plaque de plâtre hydrofuge est un mur qui traverse l’espace de la galerie. Les plaques de plâtre ont bu de l'eau pendant plusieurs semaines dans une cave humide. Elles refont surface dans l'espace de la galerie, au sec, mais finalement gorgées d'eau. L'installation "infiltration" crée un barrage, une protection, bien que fragilisée par l'eau qu'elle contient et qui l'entoure.




Laurent Pernot, Un chemin, série Natures Mortes, Tableau trouvé, neige artificielle, résine, matériaux divers, 31 x 32 x 8 cm, Courtesy galerie Odile Ouizeman, Paris


L’eau est présente sous forme de glace et de neige dans la série Nature morte de Laurent Pernot. Une nature qui ne vivra plus dans la glace, prisonnière du temps elle restera aussi préservée dans une jeunesse éternelle, inchangée, originelle. L’œuvre de Laurent Pernot évoque souvent des lieux abandonnés, où la présence de vie se fait très rare, leurs traces suggèrent un lointain passé de royaumes de légende ou de contes de fée. Les frontières entre réalité et mythe sont brouillées pour toujours dans une atmosphère onirique.





Leopoldo Mazzoleni, Senza titolo, 2014, Verre, eau, pigments colorés, silicone, 65 x diamètre 14 cm


En constatant que l'eau prend forme uniquement à l'intérieur d'un récipient, l’œuvre devient un travail sur les formes, sur les espaces et sur la manière dont laquelle les espaces s’influencent et se rapportent les uns aux autres. La coloration de l'eau, grâce à l'absorption de pigments présents dans des morceaux de papier de couleur, l'assemblage et la composition des contenants de verre et la disposition de l'eau colorée avec sa transparence en leur intérieur, sont utilisés comme éléments syntaxiques pour introduire une dimension de relation de similitudes et de contrastes.